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vendredi 6 juillet 2012

That cake wasn't good, was it?

"Hu, did I forget to mention I put some arsenic in the cakes?"




      Probablement une dernière photo avant longtemps. Tout mon matériel et mes poupées se trouveront à quelques centaines de kilomètres de moi pour un moment. J'ai décidé de ne garder que Jeliza-Rose avec moi; nous partons pour Berlin.




Puces, amis, amantes même,
Qu'ils sont cruel ceux qui nous aiment!
Tout notre sang coule par eux.
Les bien aimés sont malheureux.

Apollinaire

vendredi 18 mai 2012

mardi 13 mars 2012

Pyromane


[Une petite musique?]

Chez nous, on est pyromanes. Moi, Jeliza-Rose, et quelques autres. Le feu, on aime bien ça. La chaleur, l'attirance magnétique, le quasi-mesmérisme, la fascination. A nos heures perdues, nous sommes dompteurs de feu.
Jeliza-Rose a toujours des allumettes sur elle, et toujours des projets d'avenir...


Je m'appelle Jeliza-Rose, j'ai treize ans. Et plus tard, je brûlerai mes parents. Je brûlerai mon chat,
je brûlerai la bibliothèque de papa,
je brûlerai l'école, je brûlerai tout, tout, tout.
Je m'appelle Jeliza-Rose, j'ai treize ans, et on me mettra en prison.
On dira que j'aurais perdu la raison,
on me libérera sur grâce présidentielle ou autre fadaise de cet ordre.
A ma sortie, je brûlerai la prison, je brûlerai mes parents.
Je m'appelle Jeliza-Rose, j'ai treize ans. Et plus tard, je brûlerai mes parents.



vendredi 17 février 2012

Jeliza-Rose

       Laissez moi vous présenter ma dernière création, Jeliza-Rose, dont le nom est bien évidement issu de Tideland, une œuvre définitivement inspirante. L'idée de cette poupée m'est venue en combinant Tideland (d'où elle tire son nom et son attirance pour ce qui est empaillé) et le plus célèbre des films français, Les Enfants du Paradis (qui explique son air de Pierrot).
J'espère qu'elle vous plaira.
N'hésitez pas à cliquer pour voir l'image en plus grand.

[Fond sonore]




Paris, 1923. Jeliza-Rose poussa la porte et caressa la moufette fraîchement naturalisée qui se trouvait à sa gauche. Une odeur de détergent embaumait, couvrant celle des cadavres en attente de traitement. Maman derrière son masque lui souri. Lorsqu'elle rentrait de la petite entreprise de pièges à souris Lucifer dans laquelle elle travaillait, Maman partageait avec sa fille la passion de la taxidermie. La maison était peuplée d'animaux, de l'ours menaçant du hall d'entrée au yorkshire qui servait de cale-porte dans le bureau, et ressemblait à une jungle inquiétante. Il s'agissait essentiellement d'animaux trouvés sur le bord de la route, et souvent, les dépouilles étant en mauvais état, la petite fille se plaisait à créer toutes sortes de chimères. Ici un poisson-chat, là un porlican. Papa, fervent marxiste également ouvrier chez Lucifer, considérait tout cela d'un mauvais œil, trouvant le tapis en peau de cheval du salon ainsi que les poignées de porte en patte de cerf et de lapin faisaient bien trop bourgeois.
C'est donc dans une petite maison sombre et tordue, peuplée de bêtes hybrides et d'objets de torture pour rongeurs que grandissait Jeliza-Rose. Entre les murs couverts d'un papier peint jaunis de sa chambre, elle songeait à son avenir. Plus tard, elle irait à son tour travailler chez Lucifer, déposerait un brevet pour un nouveau type de piège infaillible, et ajouterait à sa collection de bestioles empaillées les quelques spécimens qui lui manquaient. Papa et Maman. Leur offrir la vie éternelle. Maman à côté de la cheminée, Auguste le chat sur ses genoux, et Papa, une pipe et un ouvrage de Marx à la main. Ses plus beaux spécimens.